Soyons clair : une fois le permis de construire délivré, plus rien ne peut arrêter le projet de doublement de la porcherie d'Obermodern-Zutzendorf. D'ici 2008, ce ne seront donc plus 4.100 mais bien 7.300 porcs charcutiers qui seront produits annuellement par le GAEC Kauffmann.
Ce projet a du bon : il garantit un arrêt définitif de la porcherie située dans le village de Zutzendorf et contribue certainement à la souveraineté alimentaire de notre pays. Si un tel projet ne peut se faire à la campagne, où le fera-t-on ?

Néanmoins, ce projet comporte également de réels risques pour notre cadre de vie quotidien. En effet, une fois la porcherie construite, il sera très difficile pour qui que ce soit, y compris les autorités compétentes, de contrôler le respect des engagements pris en 2006 et de sanctionner si nécessaire (je rappelle au passage que des dérapages ont déjà eu lieu par le passé, notamment en janvier 2004). Alors oui,
ce projet se fait aujourd'hui aussi grâce à nous habitants d'Obermodern-Zutzendorf qui accordons notre confiance à la famille Kauffmann, en espérant que les promesses seront tenues dans la durée, dans les périodes de prospérité comme dans les périodes de vache maigre, et que les installations ne seront jamais revendues à des personnes moins soucieuses des relations de voisinage... chose peu probable mais qui est tout de même arrivée récemment à Schillersdorf par exemple.
J'insiste sur le fait que les promesses doivent également être tenues si les choses vont moins bien financièrement que prévu. Bien sûr, je ne le souhaite pas ni à Rudy ni à Jean qui travaillent dûr pour développer leur exploitation. Mais je perçois tout de même un risque sur ce point. En effet, le raisonnement traditionnel de l'agriculteur est de se dire que la revente de ses porcs est plus ou moins garantie puisque son client est COPVIAL, une coopérative détenue par les agriculteurs alsaciens et dont il est lui même actionnaire. C'est le même raisonnement qu'ont tenu les houblonniers vis-à-vis de leur coopérative COPHOUDAL il y a quelques années et qui sont aujourd'hui obligés d'arracher les plants de Strisselspalt qu'ils avaient plantés. Pourquoi ? Parce qu'
ils ont oublié que même si leur coopérative leur rachète leurs produits, encore faut-il que celle-ci puisse les revendre au consommateur final. Et que recherche le consommateur :
- soit un prix bas : dans ce cas là il se tournera vers le porc importé des pays où l'énergie est moins chère et où les normes sont moins drastiques qu'en France, donc où le prix au kilo du porc est imbattable
- soit de la qualité : dans ce cas là Burehof et Lieselheim, qui sont des gages de "made in Alsace" mais certainement pas de haute qualité gustative, ne font pas le poids face par exemple à du Thierry Schweitzer, même si ce dernier est plus cher. Demandez votre boucher, il pourra vous le confirmer !
Et comme les porcheries ne s'arrachent pas aussi facilement que du Strisselspalt, il ne me reste plus qu'à espérer que je me trompe et à souhaiter bon vent (d'Ouest si possible) à la porcherie.
Stéphane