Le week-end de la Pentecôte approche. Jusqu'à un passé récent, une tradition entretenue par les jeunes de Zutzendorf consistait à sillonner les rues du village le lundi de Pentecôte (Pfingstmandi). Ils tenaient à la main un bouleau prélablement décoré et récitaient, maison après maison, la comptine suivante :



Do komme de Zutzederfer pfingsteknacht
Sie welle hàn d'Pfingsteracht
D'Pingsteracht soll net verdriesse
Lewer a Grejel voll Wien zuem Fanschter nüss schiesse
Zwei Eier oder Spick Spack
von de Mooreseid ewack
Net ze klein un net ze gross
Dàss de Hàwersàck net verschdosst
Jetzt ganer wàs mer g'fordert hàn
Oder mer schecke de Màrter ins Hehnerhiesel

Traduit en français, cela donne grosso modo : "Voilà les gardiens de la Pentecôte qui viennent lever l'impôt. Cet impôt ne doit pas disparaître, mieux vaut jeter une carafe de vin par la fenêtre. Deux oeufs ou du lard, ni trop petits ni trop grands, afin que dans notre sac, tout rentre dedans. Maintenant donnez-nous ce que nous vous avons demandé, ou nous enverrons une martre dans votre poulailler." Les habitants du village offraient alors aux enfants des oeufs, biscuits, bonbons et autres récompenses.

Ces dernières années, cette tradition s'est éteinte. Au bouleau des "Pfingsteknacht", les valets de la Pentecôte, s'est substitué le boulot de la journée de solidarité. Mais qui sait... il n'est jamais trop tard pour relancer une tradition et perpétuer cet "impôt qui ne doit pas disparaître, mieux vaut jeter une carafe de vin par la fenêtre!"

SJ